vendredi 9 mars 2012

נє ﻯυιѕ

Je suis au bout du quai, mon âme sans âge dans les vagues
Je suis dans l'escalier de granit, sous les étoiles, de plus en plus haut
Je suis au bord de la fenêtre, contemplant le crépuscule rose et le clocher au loin
Je suis sous le soleil de dix heures, je rentre chez moi, bien en vie
Je suis dans ma chambre, dans le froid, entre l'opale de la pleine lune et les ténèbres d'un hiver sans fin
Je suis encore et toujours sous la neige
Je suis dans le couloir, je danse, immortelle
Je suis couchée sur mon plancher, je pleure et je saigne
Je suis dans les rues enneigées sous un ciel blanc et sans âme
Je suis entourée par tant de gens
Je suis seule
Je suis plus vivante que jamais, en soleil tant aimé
Je suis la lune blanche et froide, respirant la mort
Je suis ton coeur
Je suis ton âme
Je suis ta vie
Je suis ta mort

Mais au final tu ne m'aimeras plus.
Car tous mes mondes ont fini par s'effondrer.

Et en somme
Mon âme est dispersée
Aux quatre coins des beautés et des horreurs de mon passé.

Mais moi...
Qui suis-je?

Marie T., 5 Novembre 2011

jeudi 1 mars 2012

мιℓα єт є¢ħσ

Deux petites fille marchant dans la neige
Sous la nuit étoilée du pays du Nord
Elles vont ensemble en un silencieux cortège
L'enfant qui sait et l'ange de la mort

Elles vont ensemble, les deux jumelles
Leur aura sombre brillant dans le soir
Nul doute qu'elles seront toujours belles
Celle aux yeux bleus, celle aux yeux noirs

De cendre blanche leur visage
Et d'ébène leurs longs cheveux noirs
Elles traverseront les âges
Je suis ton écho, tu es mon miroir

L'ange de la mort lève les yeux au ciel
Et voit passer, comme en buée
Les âmes blanches des trépassés
Et la neige qui tombe sur son visage blême

Elle se tourne vers sa jumelle
Qui annonce qu'une nouvelle lune s'est levée
Qu'elle peut déjà entendre chanter
Par des enfants les requiem


Elles marchent ensemble, les orphelines de Madrigale
Dans leurs regards profonds, la naissance ou la mort
Un air insondable sur leurs visages pâles
Les jumelles étranges du Nord...

Marie T., 26 février 2012