Depuis peu, je travaille comme caissière dans un marché. Mon premier emploi d'été (eh oui, à 22 ans lol). Et j'avoue que j'aime bien. Même si parfois certains client sont bêtes, et qu'alors je me dis que ma main serait belle dans leur face. Je souris à tout le monde pourtant, on m'a appris à toujours être gentille avec les autres, alors je ne comprends pas pourquoi certaines personnes ne le sont pas. J'ai pu remarquer que les belles personnes - pas toutes mais certaines - aiment avoir l'air bête pour montrer qu'elles sont supérieures. Du genre: j'ai pas besoin d'être gentille, je suis cute, aimez-moi, craignez-moi. J'les battrais. Gosh que j'les battrais. Et le pire, c'est qu'à force de les voir et de les côtoyer, parfois, on se laisse prendre au jeu, on devient un peu pareille les journées où on se sent particulièrement belle - presque supérieure aux autres. Et Dieu sait que j'ai toujours haï, que j'exècre profondément ce concept d'inégalité humaine. Même en se protégeant de la société, elle perce parfois nos défenses et finit par nous infecter. Et vous savez ce que j'ai remarqué aussi? Que c'est tellement facile jouer le jeu... Se fondre aux autres en travaillant, les laisser nous dire qu'on a du mérite parce qu'on a fait du beau travail, parce qu'on a eu une longue journée, les laisser nous féliciter alors qu'on sait au fond que c'est une des tâches les moins difficiles de sa vie... C'en est presque drôle. Sinon un peu frustrant. Voir les gens nous prendre en pitié pour, parfois, des futilités (pas toujours j'avoue des fois c'est justifié mais bon) alors que dans les moments vraiment graves, personne ne voit rien, personne ne fait rien. Comme si je méritais plus de respect et d'attention quand je travaille. Conneries. Juste de survivre, parfois, c'est assez forçant et pénible, et ça mérite au moins de se faire respecter autant que les autres humains. Et le pire c'est que je me laisse prendre au jeu - même si c'est pas une très mauvaise chose, je le sais bien - je laisse les autres me dire que je suis bonne, que je suis travaillante, je les laisse me donner le privilège d'être ''une personne respectable'', je les laisse me dire ''pauvre toi, tu as eu une longue journée''... C'est facile accepter de recevoir tout ça et développer le complexe de Cendrillon. Être à genoux dans les allées à replacer des cannes et se sentir si bonne et compétente. Et j'ai pourtant une certaine envie de rire devant le paradoxe - on me plaint pour une longue journée passée à faire un boulot qui me rend plutôt heureuse, mais dans les moments où j'ai vraiment souffert, j'ai pas vraiment eu de reconnaissance. Dans les longs mois - parfois les années - où j'ai cru mourir. Juste de me rendre ici, en vie et, en plus, voulant le rester, n'ayant plus peur de fermer les yeux ou de perdre la tête... Ça a très certainement été infiniment plus difficile que toutes les journée de caisse que j'ai pu faire et que je ferai. Mais n'allez pas penser que je banalise la force et la détermination des travailleurs, ou que je me plains de la sollicitude de ceux qui sont empathiques avec moi après une journée de travail - au contraire, je dois avouer que ça me fait un velours au coeur. Les gens qui travaillent sont vaillants, et les personnes que je connais sont exceptionnelles. Elles me supportent et me montrent qu'elles m'aiment. Seulement, il n'y a que le fait de constater ce contraste qui est un peu triste... On ne voit pas toujours le mérite de ceux qui se battent pour survivre. Parce que ce ne sont pas des heures comptées pour un chèque de paye, parce que c'est pas quelque chose qu'on montre aux autres. Mais, Seigneur, avec tout le respect que j'ai pour les gens qui travaillent et qui font des efforts pour gagner leur vie... Je crois seulement qu'il ne faut pas oublier le travail qu'on ne voit pas. Ces combats quotidiens que certains malheureux partout dans le monde doivent gagner pour vivre et sourire. Avoir la reconnaissance de ces choses-là, ça n'a pas de prix... Et quand les autres, parfois, se rendent comptent de tous les efforts que j'ai pu faire, je me dis qu'après tout, les humains sont peut-être plus compréhensifs que je ne le crois.vendredi 22 juillet 2011
ωσяκ
Depuis peu, je travaille comme caissière dans un marché. Mon premier emploi d'été (eh oui, à 22 ans lol). Et j'avoue que j'aime bien. Même si parfois certains client sont bêtes, et qu'alors je me dis que ma main serait belle dans leur face. Je souris à tout le monde pourtant, on m'a appris à toujours être gentille avec les autres, alors je ne comprends pas pourquoi certaines personnes ne le sont pas. J'ai pu remarquer que les belles personnes - pas toutes mais certaines - aiment avoir l'air bête pour montrer qu'elles sont supérieures. Du genre: j'ai pas besoin d'être gentille, je suis cute, aimez-moi, craignez-moi. J'les battrais. Gosh que j'les battrais. Et le pire, c'est qu'à force de les voir et de les côtoyer, parfois, on se laisse prendre au jeu, on devient un peu pareille les journées où on se sent particulièrement belle - presque supérieure aux autres. Et Dieu sait que j'ai toujours haï, que j'exècre profondément ce concept d'inégalité humaine. Même en se protégeant de la société, elle perce parfois nos défenses et finit par nous infecter. Et vous savez ce que j'ai remarqué aussi? Que c'est tellement facile jouer le jeu... Se fondre aux autres en travaillant, les laisser nous dire qu'on a du mérite parce qu'on a fait du beau travail, parce qu'on a eu une longue journée, les laisser nous féliciter alors qu'on sait au fond que c'est une des tâches les moins difficiles de sa vie... C'en est presque drôle. Sinon un peu frustrant. Voir les gens nous prendre en pitié pour, parfois, des futilités (pas toujours j'avoue des fois c'est justifié mais bon) alors que dans les moments vraiment graves, personne ne voit rien, personne ne fait rien. Comme si je méritais plus de respect et d'attention quand je travaille. Conneries. Juste de survivre, parfois, c'est assez forçant et pénible, et ça mérite au moins de se faire respecter autant que les autres humains. Et le pire c'est que je me laisse prendre au jeu - même si c'est pas une très mauvaise chose, je le sais bien - je laisse les autres me dire que je suis bonne, que je suis travaillante, je les laisse me donner le privilège d'être ''une personne respectable'', je les laisse me dire ''pauvre toi, tu as eu une longue journée''... C'est facile accepter de recevoir tout ça et développer le complexe de Cendrillon. Être à genoux dans les allées à replacer des cannes et se sentir si bonne et compétente. Et j'ai pourtant une certaine envie de rire devant le paradoxe - on me plaint pour une longue journée passée à faire un boulot qui me rend plutôt heureuse, mais dans les moments où j'ai vraiment souffert, j'ai pas vraiment eu de reconnaissance. Dans les longs mois - parfois les années - où j'ai cru mourir. Juste de me rendre ici, en vie et, en plus, voulant le rester, n'ayant plus peur de fermer les yeux ou de perdre la tête... Ça a très certainement été infiniment plus difficile que toutes les journée de caisse que j'ai pu faire et que je ferai. Mais n'allez pas penser que je banalise la force et la détermination des travailleurs, ou que je me plains de la sollicitude de ceux qui sont empathiques avec moi après une journée de travail - au contraire, je dois avouer que ça me fait un velours au coeur. Les gens qui travaillent sont vaillants, et les personnes que je connais sont exceptionnelles. Elles me supportent et me montrent qu'elles m'aiment. Seulement, il n'y a que le fait de constater ce contraste qui est un peu triste... On ne voit pas toujours le mérite de ceux qui se battent pour survivre. Parce que ce ne sont pas des heures comptées pour un chèque de paye, parce que c'est pas quelque chose qu'on montre aux autres. Mais, Seigneur, avec tout le respect que j'ai pour les gens qui travaillent et qui font des efforts pour gagner leur vie... Je crois seulement qu'il ne faut pas oublier le travail qu'on ne voit pas. Ces combats quotidiens que certains malheureux partout dans le monde doivent gagner pour vivre et sourire. Avoir la reconnaissance de ces choses-là, ça n'a pas de prix... Et quand les autres, parfois, se rendent comptent de tous les efforts que j'ai pu faire, je me dis qu'après tout, les humains sont peut-être plus compréhensifs que je ne le crois.
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